Samedi 15 décembre 2007
6
15
/12
/Déc
/2007
14:43
CASTELLO NOVO : Une perle menacée, oubliée…
Aperçu historique :
Le château de mer « Castello Novo » est l’une des perles du patrimoine socioculturel de Safi.
Il domine, à la fois, la falaise Amouni et le vieux port de la ville avec sa forme ovale permettant la défense de la ville, au fil du temps, du
coté de la mer ; Une défense consolidée du coté de l’entrée principale puisque le monument était, à l’origine, lié à la muraille sud par une porte dite « Bâb Rbat » ainsi qu’à la
muraille ouest.
La majorité des chercheurs s’étaient mis d’accord de dire que l’actuel château de mer avait comme noyau la factorerie portugaise située près du
vieux port de Safi.
En réalité, on ignore les dates précises du début et d’achèvement de sa construction. Néanmoins, les
lettres du gouverneur de Safi au roi Emmanuel I permettent de situer la date de début de construction entre août 1515 et juillet 1516.
Alors que, selon une lettre de Jean III au gouverneur de Safi en juillet 1523, les travaux pourraient s’achever à la fin de 1523 ou au début de
1524.
Quant à la dénomination du monument, on retient « Castello » ou « la
citadelle », « Castello novo »arrivant à « château de mer ».
Pour ce qui est matériaux de construction, on trouve la pierre, le mortier, l’enduit, la brique, le bois
et le fer.
Signal d’alarme :
Qu’il soit amateur ou professionnel, l’observateur sur le terrain constate la dégradation qui menace la citadelle. A l’origine : des
phénomènes naturelles
(géologiques et météorologiques).
Pour ce qui est facteurs géologiques, la falaise littoral bordant directement l’océan Atlantique est
soumise à une érosion active entraînant un recul considérable de la cote.
Cette dynamique érosive est favorisée par plusieurs paramètres. En ce qui concerne la falaise
Amouni, il s’agit plus précisément de 2 facteurs essentiels à savoir la nature lithologique de la falaise et le problème de Karstification.
En effet, la falaise est classée parmi les falaises vives du littoral Atlantique, c'est-à-dire une roche pliocène calcarénite (calcaire étrique
jaune) reposant sur une base Jurassique supérieure constituée de calcaire marno-calcaire jaunâtre.
Quant à la Karstification, on se contente ici de la citation de M.ABERKAN (géologue- Faculté des sciences à Rabat) :
« La nature calcarénite du sommet de la falaise favorise la formation de certains
puits de dissolution karstique. Ces dernières peuvent avoir un diamètre de quelques décimètres à plus d’un mètre, et une profondeur allant de moins d’un mètre et pouvant atteindre une dizaine de
mètres .les puits plongent généralement les sols et les paléosols rouges .Ces entonnoirs karstiques drainent les eaux de ruissellement qui finissent par arriver dans des cavernes et des galeries
souterraines »
Pour ce qui est météorologiques, on cite les changements climatiques, courants et vents, la houle,
l’action des vagues, l’action des marées…
S’ajoutent à ces facteurs d’autres facteurs d’ordre humain qu’on peut résumer dans le manque d’intérêt
sinon l’indifférence publique vis-à-vis d’une telle dégradation. Dans ce cadre l’association HAWD ASSAFI avait effectuer un Sandage sur un échantillon de 200 personnes après quoi on a pu constaté
que seulement 13% de la population Safiote saurait que le château de mer est menacé d’effondrement.
Sans oublier, bien sur, le passage du train à coté du monument, susceptible de provoquer de fortes secousses causant de véritables
dommage.
Solutions de sauvegarde :
Il n’est jamais trop tard, c’est dans cette perspective qu’il faut agir pour sauvegarder ce patrimoine
synonyme de gloire et de fierté de la ville. Ainsi, nombreux sont les solutions qui s’illustrent à titre de suggestion. Dans ce cadre, on cite le remplissage des grottes avec des sacs de
béton ; On doit remplir tous les vides avec des sacs par injection d’un coulis de béton, exécuté tout au long de la profondeur pour constituer un véritable support des parties hautes qui
sont en porte à faux.
Pour remédier aux risques liés surtout à l’érosion, on doit protéger les sacs de béton par une maçonnerie
au niveau de l’entrée des vides, en pierre dure de préférence imporeuse afin d’assurer plus de résistance à l’épreuve de temps.
En outre, s’impose une autre solution à savoir la protection de la falaise avec des digues en enrochement
tout au long des trois cotés du monument afin d’atténuer l’énergie de la houle en imposant un déferlement à celle-ci plus au large.
Cette mesure pourrait neutraliser l’action de l’érosion à condition de commencer par le remplissage des cavités et de fissures.
S’ajoute à cela la protection de la falaise par un mur en talus plein en béton devant le rocher ouest et dont
l’objectif est de stopper la dégradation du rocher.
Sans oublier bien sur, la sensibilisation de l’opinion publique, au sein de la ville et sur l’échelle nationale :
Une sensibilisation susceptible de renforcer la motivation
poussant à s’intéresser d’avantage pour la sauvegarde du monument.